Notre alimentation est souvent passée au crible lorsqu’on entame un parcours PMA et des milliers de questions surgissent alors dans nos têtes. Pour celles qui sont déjà en surpoids, on leur impose même de faire un régime avant de commencer le protocole. Mais pourquoi? Et pour d’autres qui ne l’étaient pas avant de commencer un tel parcours, elles peuvent accumuler pas mal de kilos au fil du temps comme ci ce n’était pas suffisamment difficile comme ça… J’ai donc décidé d’interviewer une spécialiste : Solène Béniméli, diététicienne nutritionniste diplômée depuis 10 ans. Elle s’est beaucoup intéressée aux principes de la naturopathie et aux médecines complémentaires en général puis s’est formée par la suite en micro nutrition.
Comment avons nous procédé?
J’ai relevé la plupart des questions qui revenaient puis nous avons réalisé un interview vidéo…  Voici un condensé de ses réponses:

1) Comment perdre tous les kilos accumulés avec les stimulations sans pour autant manquer de vitamines?

Bonne nouvelle la plus grande source de vitamines se trouve dans les fruits et les légumes. Aliments que l’on consomme le plus en cas de régime contrôlé en énergie. C’est l’appellation médicale d’un régime pour perdre du poids. C’est à dire que l’on va avoir la maîtrise de l’apport calorique journalier de la personne qui souhaite maigrir. Apport défini en fonction de ses besoins et de son objectif de perte de poids donc pour perdre beaucoup de kilos. Et surtout ne pas les reprendre il faut personnaliser l’alimentation au métabolisme de la personne mais aussi à ses habitudes alimentaires. Si il y a beaucoup de choses à améliorer dans l’alimentation ou même dans l’hygiène de vie il faut y aller pas à pas en priorisant par objectifs. Après il y a des grandes règles d’équilibre alimentaires comme manger 3 repas par jour voir 4 avec la mise en place d’une collation pour les tendances au grignotage. Manger un féculent à chaque repas. Au moins une part d’un aliment riche en protéines par jour. Et terminer chaque repas par un produit laitier nature, dont fromage 1 fois par jour à hauteur d’une portion type 1/8 de camembert ;  et un fruit. Et surtout pas d’interdit pour tenir dans la durée! Tout est question de quantités et de régularité. Bon à savoir:  Il y a le site du PNNS et de l’HAS qui expose les recommandations nutritionnelles.

2) Laëtitia mange des aliments à IGB (c’est quoi?) mais ne perd pas de poids… Pourquoi?

Il s’agit de la vitesse d’absorption des glucides totaux (sucres lents et sucres rapides confondus) d’un aliment en comparaison avec la vitesse d’absorption du sucre en morceau, à laquelle a été attribuée la valeur 100. Donc un aliment à IG ( IG = Index Glycérique) > 65 est un aliment à IG élevé. Physiologiquement ça signifie quoi? Et bien cela signifie pour imager que cet aliment va être vite digérer et qu’il va faire monter la glycémie haut et rapidement. Donc qu’il risque d’y avoir une transformation de ce sucre qui arrive d’un coup dans le sang en graisse car l’hyperglycémie est dangereuse et une personne non diabétique sait gérer les hyperglycémies en transformant l’excédant de sucre sanguin en graisse de réserve. Ceci via la sécrétion de l’insuline. Une hormone que le pancréas fabrique. Il faut savoir que l’IG d’un aliment est à prendre en compte si et seulement si cet aliment est consommé seul. Tout le contraire de ce que doit être repas équilibré. Un repas équilibré doit contenir plusieurs nutriments. La présence de matière grasse fait baisser les IG, la présence de protéines aussi. La présence de fibres aussi. Dans les aliments complets ou dans les légumes. À l’inverse le mixage donc purée ou soupe augmente l’IG. Tout est question de la digestion du bol alimentaire du repas global qui est plus ou moins complexe. Donc pour maigrir, je conseille de garder son énergie pour se focaliser sur d’autres priorités que les IG

3)Quels aliments sont favorables lorsqu’on est en Insuffisance Ovarienne?Quels aliments conseiller pour favoriser la nidation de l’embryon?

Scientifiquement parlant il n’y a pas d’aliment ayant pour rôle stimuler le fonctionnement des ovaires ni optimiser la nidation de l’embryon. En diététique classique, il n’y a pas de conseils spécifiques pour ces situations. C’est pour cela d’ailleurs que je me suis intéressées à la naturopathie, qui part du principe que la nature contient ce qu’il faut pour réguler un corps qui a des symptômes. Ces principes se basent beaucoup sur l’équilibre acido-basique de l’organisme, mais aussi sur l’identification de situations inflammatoires, souvent liées. Donc dans ces profils où c’est l’insuffisance ou la dérégulation hormonale qui est mis en avant, une alimentation anti inflammatoire et en oméga 3 est conseillée.

4) Qu’est ce qu’une alimentation anti inflammatoire ?

C’est une alimentation qui va chercher à faciliter le travail de digestion car la digestion créée de l’acidité, si l’alimentation est déséquilibrée la digestion va aboutir à la fabrication de cellules de graisses de réserves et de toxines – créant une mobilisation de l’énergie, donc ce qui veut dire qu’il y a moins d’énergie utilisée pour faire autre chose dans le corps (ici besoin d’énergie pour stimuler ovaires et nidation).

OK mais concrètement dans l’assiette ca se traduit comment ?
  • Ca se traduit par limiter les aliments acidifiants comme les produits sucrés, le beurre et la crème fraiche. Favoriser les oeufs et les poissons et diminuer la fréquence de consommation des viandes.
  • Eviter les mélanges lourds en évitant de mettre dans le même repas une protéine (issue de viande, poisson, oeuf et produit laitier) avec un produit céréalier (comme pâte, riz)
  • Ce qui se traduit également par éviter le gluten qui est une grosse protéine donc diminuer la consommation de blé en favorisant le riz, les Pommes de terre, le maïs et les légumineuses et favoriser les produits laitiers de chèvre ou brebis.

5) Pourquoi prend t’on du poids lors d’un parcours PMA? Impact des hormones?Pourquoi nous conseille t’on de perdre du poids avant une Fiv?

Aucune preuve scientifique et physiologique démontrent qu’un traitement administré dans un parcours de PMA serait responsable de prise de poids. Il y a d’ailleurs dans les retours d’expérience des femmes qui perdent du poids. Certaines femmes n’ont pas de variation pondérale alors que d’autres prennent en revanche du poids, et parfois beaucoup. Le phénomène de prise de poids se voit d’ailleurs lors du syndrome prémenstruel chez la majorité des femmes, mais encore une fois pas chez toutes les femmes. Donc y a t-il une cause hormonale à tout cela ? Peut-être faut-il se rapprocher des médecins spécialisés dans ce domaine pour leur demander leur avis à ce sujet.

En tous cas en micronutrition, le protocole sera de travailler sur la régulation de la fonction hépatique et de l’intestin.

Le foie car c’est notre usine métabolique qui « décide » quand il fonctionne bien, comment l’énergie va être utilisée : pour fabriquer ? Pour éliminer ? Pour transformer ? Donc important dans un objectif d’éviter de prendre du poids. Le foie car c’est aussi lui qui fabrique les bases les hormones. Et c’est aussi au niveau du foie que se fait l’élimination des toxiques et des toxines via la fabrication de la bile. Alors pour le foie vous pouvez faire des cures de curcuma ou de sève de bouleau quand arrive le printemps – pour un nettoyage en douceur, ou des cures plus puissantes avec artichaut ou radis noir. De plus un citron pressé dans un verre d’eau tiède le matin contribuait au bon fonctionnement hépatique. D’autant plus que c’est un apport intéressant en vitamine C et dans la régulation du pH de l’organisme.

L’intestin car c’est chez lui que se fait l’entrée des bons nutriments et l’élimination des déchets, en partenariat d’ailleurs avec le foie. Et une flore intestinale équilibrée permet un bon système immunitaire et une meilleure assimilation des nutriments, vitamines et minéraux de l’alimentation mais aussi des compléments alimentaires si il y a. Pour cela il faut faire des cures de glutamine et de probiotiques. La glutamine est un acide aminé (souvent issu d’un légume sec) qui va être utilisé pour la construction de la paroi intestinale et les probiotiques dont des souches de bonnes bactéries pour réensemencer la flore intestinale.

6)Pourquoi nous conseille t’on de perdre du poids avant une Fiv?

Certains, et même beaucoup de médecins le conseillent en effet. Je pense que c’est en prévention de la prise de poids qui est possible chez une patiente en parcours de PMA.

Est-ce que la perte de poids favorise l’ovulation ?

C’est encore une question qui n’a pas de réponse scientifique. En tous cas, il y a de nombreux cas de perte de poids importante chez des patientes, et même des couples, qui n’arrivaient pas à avoir d’enfant par voie naturelle et qui après cette perte de poids y arrivent. Mais je le répète encore une fois il n’y pas de relation cause à effet immédiat prouvé scientifiquement. Cela peut aussi être un tout. En effet une personne qui perd du poids va avoir une amélioration de son moral, de sa confiance en soi, de son humeur et de sa forme en général, si cette personne perd du poids grâce à une alimentation qui devient saine, donc riche en fruits et en légumes, donc riche en vitamines et minéraux.

7)Que pourrait nous apporter en plus un naturopathe?

Je trouve que la pratique de la diététique et de la naturopathie sont très complémentaires.

Le naturopathe a la connaissance absolue de la phytothérapie, de l’aromathérapie, de la mycothérapie, des fleurs de Bach … et j’en passe sans doute. Donc le naturopathe peut vous conseiller un protocole précis et personnalisé en fonction de votre situation de santé et vos objectifs.

Après la plus part des naturopathes ont les conseils alimentaires cités plus haut, certains peuvent aussi vous conseiller la chrono nutrition. Là ou la diététique a son intérêt en complémentarité c’est que le diététicien va vous proposer un programme alimentaire calculé sur la bases de vos besoins nutritionnels et vous proposer des solutions d’adaptation par rapport aux recommandations du naturopathe pour que vous puissiez les atteindre selon vos possibilités d’action et vos envies personnelles. Je trouve que le diététicien est très à l’écoute pour vraiment adapter la stratégie nutritionnelle en fonction de là où en est son patient au jour J.

Le naturopathe peut en plus des conseils alimentaires vous donner des conseils d’hygiène de vie à visée bien-être. Comme les bains chauds terminés par une douche froide, l’utilisation des gommages, des méthodes de respiration et de méditation.

Donc l’idéal est de consulter les 2 praticiens ou bien de consulter un naturopathe qui sera aussi à l’écoute de votre point de départ en ce qui concerne l’alimentation et qui vous proposera des changements progressifs, car c’est parfois compliqué d’arrêter d’un coup le blé et les produits laitiers. Ou de consulter un diététicien qui a aussi une ouverture concernant les principes d’alimentation anti inflammatoire et les compléments alimentaires ainsi que les techniques de bien être.

Cet interview est également disponible en vidéo, envoyer moi un mail pour que je vous envoie le lien !
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